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France Uncut - On paiera pas leur crise !


Le lexique du Uncutter

  1. Discretion et efficacité
  2. Désobéissance civile
  3. Enregistrer la scène, filmer, photographier
  4. Et si je me fais interpeller ?
  5. Légal ou légitime ?
  6. Non-violence
  7. L'esquive d'impôts, kesako ?
  8. Police
  9. Quel risque prendre ou ne pas prendre ?
  1. Discretion et efficacité

    Lors de la préparation de votre action, décidez clairement des informations qui pourront être publiques et de celles qui devront rester discrètes, dans le but de réussir votre objectif.

    La discrétion peut s'imposer sur vos objectifs, sur vos moyens, éventuellement sur votre point de rendez-vous. Il faut cependant faire le choix de communiquer tout de même des informations, surtout si votre action est "ouverte" aux volontaires.

    Notez que, si votre mobilisation n'a pas fait l'objet d'une déclaration à la Préfecture de votre département, mieux vaut éviter de donner trop de détails, de trouver un lieu de rendez-vous "discret" et ne sortir d'élément identifiable qu'une fois "sur place" !

  2. Désobéissance civile

    la brigade activiste des clownsLa désobéissance civile est le refus de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent. Le terme fut créé par l'américain Henry David Thoreau dans son essai Résistance au gouvernement civil, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique.

    Pour Habermas : « La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leurs auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d'avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation non violents et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple. »

    Voilà les 6 piliers de la désobéissance civile :

    1. Une infraction consciente et intentionnelle
    2. Un acte public
    3. Un mouvement à vocation collective
    4. Une action pacifique
    5. Un but : la modification de la règle
    6. Des principes supérieurs

    Plus d'information sur Wikipedia (contenu sous licence CC-by-sa)

  3. Et si je me fais interpeller ?

    Le syndicat de la magistrature en collaboration avec la Ligue des Droits de l'Homme a publié un guide juridique répondant exactement à ces question.

    Retenez au moins ça :

    • Vous n'êtes obligés de donner que 4 informations : votre nom, votre prénom, votre date de naissance et votre adresse
    • Pour le reste, "vous ne savez pas"
    • En cas d'urgente nécessité, pensez à bloquer votre téléphone portable avec 3 codes PIN erronés pour éviter de laisser des numéros ou des données personnelles disponibles
    • La plupart du temps, il s'agira d'un contrôle d'identité prolongé de 4h maximum. "Au pire", tant que vous serez restés non-violents verbalement et physiquement, il s'agira de 72h de garde-à-vue... Dans tous les cas, exigez le procès-verbal de votre détention.
    • Restez courtois et poli : ne tutoyez jamais un policier (même s'il ne s'en prive pas) ; restez calme même si la tension monte, ne faites pas de gestes brusques.
    • Si le procès verbal de votre contrôle d'identité ou de votre garde-à-vue ne convient pas à la relecture, demandez à le corriger. Si le policier refuse, vous pouvez faire les corrections à la main en les signant. Prenez, si possible, les coordonnées d'un ou plusieurs avocats sur vous.

  4. Enregistrer la scène, filmer, photographier

    Non seulement c'est un moyen essentiel pour la mobilisation des Uncuts, mais en plus aucun policier ne peut vous interdire de filmer ou de photographier ni une manifestation, ni une personne des forces de l'ordre dans l'exercice de ses fonctions dans l'espace public, ... Par contre attention, la publication de vidéos sans l'accord du/des policiers ne peut être faite à visage découvert s'ils le désapprouvent clairement..

    Ne vous retenez surtout pas !! Et prenez même le temps de faire de belles images ! Ces images sont votre meilleure arme (à la fois contre les dérapages, et à la fois pour communiquer sur nos mobilisations) !

  5. Légal ou légitime ?

    Stéphane Hessel (l'auteur du célèbre "Indignez-vous !") disait, à ce sujet, qu'il est plus important à ses yeux d'être légitime que légal.

    Sur Wikipedia, on peut lire : La légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou en équité (définition du Petit Larousse). La légitimité repose sur une autorité qui est fondée sur des bases juridiques ou sur des bases éthiques ou morales, et permet de recevoir le consentement des membres d'un groupe.

    Nos actions sont, la plupart du temps, non-déclarées. Par là-même elles peuvent être illégales stricto-sensu. Cependant est-il illégitime de se retrouver pour exprimer son désaccord sur des injustices criantes ? Est-il illégitime de faire usage de l'espace public du moment qu'il n'y a pas de dégradation ? Est-il illégitime de faire classe dans une banque ou de faire une banque au Pôle-Emploi au regard du contexte actuel ?

    C'est à chacun de répondre à ces questions. C'est à chacun de mesurer ses envies et ses capacités. Cependant au fondement de France Uncut, la question s'est résolue simplement : être légaliste n'irait-il pas encore d'avantage dans le sens des caméras de surveillance de la loi LOPPSI2, de la supervision de l'Internet de l'HADOPI ?

  6. Non-violence

    Gene Sharp, penseur de la résistance non-violente Selon Wikipedia, "La non-violence est une philosophie qui délégitime la violence, promeut une attitude de respect de l'autre dans le conflit et une stratégie d'action politique pour combattre les injustices."

    Martin Luther King la qualifie ainsi : « La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit. » et Jean-Marie Muller : « Comme toute exigence éthique, la non-violence présente une double-face : l'une invite à ne pas collaborer avec la violence, l'autre à œuvrer pour la justice. »

    Pour vous nourrir toujours plus, des ouvrages de Gene Sharp sont en libre téléchargement sur la toile : http://www.aeinstein.org/organizations2346.html

  7. L'esquive d'impôts, kesako ?

    Le fait d'éviter, par tous les mécanismes plus ou moins légaux, l'impôt. Cela se traduit le plus souvent par :

    • l'utilisation de niches fiscales légales mais considérées comme abusives
    • l'utilisation à grande échelle de niches sociales
    • l'évasion fiscale (en particulier dans les paradis fiscaux)
    • le bénéfice de mécanismes outrageusement profitables (ex: la Société Générale a "perdu" 5Mds€ avec J.Kerviel, mais l'État leur a versé 1.9Mds€ pour pertes exceptionnelles)
  8. Police

    Lors de vos actions, particulièrement dans les grandes villes, vous serez sans doute amenés à croiser la police. Il est possible que, de part votre non-violence, le premier contact soit cordial. Cependant, attention à ne pas tomber dans leur jeu non plus, restez concentrés sur les objectifs que vous vous êtes fixés. Ne "discutez" qu'a minima et sur un temps très court (permettant d'éviter que le doute ou le trouble ne monte parmi le groupe).

    Si la présence de la police vous surprend, et qu'on vous demande de vous dissoudre ou de ne pas vous déplacer alors que vous l'aviez prévu, réunissez un petit nombre d'entre vous (ceux qui ont "pensé" l'action si possible) pour prendre la décision qu'il convient. Visez tout autant à trouver une nouvelle méthode pour réaliser l'objectif fixé, qu'à chercher le risque minimum. Sachez aussi transformer votre objectif : une confrontation non-violente mais directe aura certainement assez peu de conséquences mais un impact médiatique au moins équivalent à celui de votre objectif premier.

  9. Quel risque prendre ou ne pas prendre ?

    Chacune et chacun d'entre nous, en participant à une action, doit être bien conscient des risques éventuels auxquels il s'expose. Le fait d'être dans la non-violence exclu les conséquences les plus lourdes, mais les pouvoirs en place n'aiment pas franchement la défiance...

    Ce que dit la loi :

    Code de procédure pénale. Destruction du bien d’autrui.

    Article 322-1 : " La destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende sauf s’il n’en est résulté qu’un dommage léger ".

    Article 322-2 : " L’infraction définie au premier alinéa de l’article 322-1 est punie de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende... lorsque le bien détruit ou dégradé ou détérioré est
    1. destiné à l’utilité ou la décoration publique et appartient à une personne publique ou chargée d’une mission de service public
    4. un objet présenté à caractère historique, culturel ou scientifique, organisé par une personne publique chargée d’un service public ou reconnu d’utilité publique."

    Article 322-3 : " L’infraction définie au premier alinéa de l’article 322-1 est punie de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende lorsqu’elle est 1. commise par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice 2. lorsqu’elle est commise au préjudice d’un magistrat, d’un juré, d’un avocat, d’un officier public ou ministériel, d’un militaire de la gendarmerie, d’un fonctionnaire de la police nationale, des douanes, de l’administration pénitentiaire ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public en vue d’influencer son comportement dans l’exercice de ses fonctions ou de sa mission. "

    Complicité :
    Article 121-7 : Est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment par aide ou assistance a facilité la préparation ou la consommation.

    Est également complice la personne qui par promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre.

    Attention

    les professeurs, enseignants, éducateurs doivent avoir un casier judiciaire vierge pour pouvoir s’occuper d’enfants. Ceux qui sont employés dans la Fonction publique doivent s’informer des risques encourus en cas de condamnation pénale. Il est donc conseillé, le cas échéant, d'être encore plus strict que les autres sur la non-violence, le respect de la police, etc. Il serait très étonnant qu'une condamnation arrive dans le cadre que s'est fixé France Uncut, mais sait-on jamais... mieux vaut prévenir : un citoyen informé en vaut deux.

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